Little Romance


 
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 Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]

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MessageSujet: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Mar 20 Sep - 21:42

Quand on regarde les gens de haut et de loin, on pourrait facilement croire que ce sont des fourmis, des petits insectes travaillants. Pour la plupart des gens, la photo ou la vue d'une population x à distance n'avait guère de signification réelle mais pour le jeune homme assis sur le toit, c'était tout le contraire. Pour lui, les foules lointaines révélaient toute l'organisation imbriquée dans la société sans même que personne ne le sache ni ne s'en rende compte. C'était peut-être parce que son regard différait tellement de celui du reste de l'humanité moyenne qu'il parvenait à y distinguer quelque chose... La réflexion le laissa perplexe, l'abandonnant dans une espèce de transe d'immobilisme soudain. Il finit par se reprendre, son regard retournant vers le bas de l'édifice pour mieux voir les petites cliques qui se formaient dans le parc pour fumer, copuler...ou pas, parce que l'on sait bien que c'est pas trop permis sur les terrains d'école, mais bon qui se soucie du règlement? Du monde? Ah...mais bon, revenons à l'énumération. Il disait donc, rire et parler avec des criminels aux atomes crochus. Soren pouvait tellement deviner ce que faisait les gens que ça lui donnait l'impression que c'était lui qui décidait ce qu'ils faisaient tous en bas. Et quoi qu'on en dise, il se sentait un peu comme ce que ses professeurs avaient décrits comme Dieu.

Il eut un petit sourire amusé. C'était à peu près similaire, comme cas. Si quelqu'un tombait d'une fenêtre du troisième étage maintenant, il pourrait le voir avec facilité, mais ne pourrait rien faire pour l'empêcher. À la même manière que la scène qui l'avait envoyé ici. Ses nouveaux thérapeutes lui disaient toujours que c'était mal ce qu'il avait fait mais, il n'en voyait pas la pertinence. Si on lui disait que c'était immoral de tuer quelqu'un pour son propre savoir, on ne lui disait pas si c'était bien ou mal au fond. On ne faisait que lui verbaliser son désaccord de ses pratiques, en l'encourageant fortement à ne plus recommencer, quelque chose qui ne l'avait jamais arrêté auparavant de jouer avec ses sujets d'expérience. Bref, la morale comme on lui expliquait constamment n'existait pas, et toutes ses choses à ce sujet passait par une de ses oreilles et sortait par l'autre sans faire de pause. Bon d'accord, il y avait toujours un petit moment où il analysait l'énoncé, mais son cerveau marchait si vite que ça paraissait comme rien du tout. Il mordit sa lèvre alors, l'air un peu pensif. Il se leva et s'éloigna du bord du toit. Cela faisait longtemps qu'il était là. Peut-être trois heures. C'est probablement quelque chose qu'aucun autre élève ne ferait, leur temps d'attention étant trop court dans le calme. Il avança vers le milieu du toit et soudainement, il se coucha sur le dos, les bras le long du corps et les jambes repliées contre lui. Il fixa le ciel, le regard un peu vide.
-Pourquoi il y a toujours quelque chose au-dessus de ma tête?

Déclara t-il, en continuant de fixer le ciel, comme s'il lui parlait. Il doutait sincèrement que quelqu'un d'autre le regarde de plus haut encore que le toit, mais à vrai dire, il s'en fichait. Cherchant à se concentrer un peu plus, il glissa sa lame de rasoir hors de son écrin secret dans le bas de sa manche gauche d'un mouvement expert, manifestement pratiqué souvent. C'était sa façon à lui de jouer avec les gardiens. On ne l'avait pas encore détecté et il testait combien de temps il pourrait garder la lame sans que personne ne s'en rende compte. Bref, sans faire de préambule, il fit glisser doucement la lame sur son avant bras, provoquant une longue coupure assez fine en horizontale. La lacération était fait avec talent et précision d'un chirurgien, le jeune homme ne cherchant pas à se tuer mais bien à garder sa concentration. Les années l'avaient rendus doués dans l'art de couper sur sa propre peau. La douleur se fit alors sentir, la brûlure de sa peau à vif le ramena à se concentrer sur cette seule douleur et sur le présent. Il entendit alors des pas lointains. C'était dans l'escalier qui montait un toit. Il rangea sa lame dans son compartiment secret et se rassied, près à apercevoir qui était là. Et qui subirait son examen minutieux, sans vraiment pouvoir s'en sortir. Après tout, une vie sans examen ne valait pas la peine d'être vécu, disait Socrate. Il vit la porte d'ouvrir pour laisser apparaître la personne qui venait squatter sur le toit avec lui.

- Bonjour, Élizabeth Maundrell.
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Mer 21 Sep - 12:12

Bethy était très fière d'avoir réussi à garder la photo de son tout premier viol avec elle. Au final, ils n'avaient pas osé fouiller dans ses sous-vêtements, comme s'ils avaient peur qu'il s'y cache un horrible monstre. Et en fait, c'était un peu le cas. Son slip comportait une couture double et elle avait plié le papier pour le glisser dedans. Même s'ils l'avaient entièrement déshabillée, il n'aurait pas trouvé son effet le plus personnel. L'image en elle-même était loin d'être la meilleure, elle ne présentait que Bethy embrassant un jeune blondinet aux joues ensanglantées et lui tenant les tempes de ses ongles longs, mais qu'importe : elle lui rappelait de bons souvenirs. Elle se demanda ce qu'il se passerait si quelqu'un la voyait, contemplant le petit bout de papier glacé jauni par le temps et chiffonné par l'usure. Si quelqu'un apercevait ce que représentait la Polaroïd vieillotte qui était tout ce qu'elle possédait... Elle gravit les dernières marches de l'escalier menant au toit. Il sentait mauvais le moisi et la sueur, et la lumière était cassée. Elle détestait cet escalier. Mais grimper par les gouttières était une très mauvaise idée. Elle poussa la porte, lourde et grise, et la lumière inonda son visage pâle. Elle avait faim, mais ignorait cette sensation. La faim était faite pour les faibles. Elizabeth n'avait pas mangé depuis deux jours et elle pouvait vaincre la faim. Toutefois, elle avait emporté un Coca-Cola Zéro avec elle. Pas un light, un zéro. Les light c'est pour les pimbêches. Le Zéro était exactement identique au light, sauf que la canette était noire et qu'un colorant y était ajouté pour le rendre plus sombre. Elle entendit quelqu'un la saluer par son nom et jeta un coup d'œil à celui qui était assis là, manifestement en train de la guetter. Elle voyait qu'il avait été surpris dans une activité secrète et se sentit puissante d'avoir pu le couper dans ce qu'il faisait. Couper... Le bon mot, sans doute. Il avait du sang sur le bras. Pas grand chose, juste quelques gouttes - le genre de gouttelettes qui sortent d'une coupure fine et fraîche, comme un collier rouge et inégal. Scarification ? Il fallait croire.
-Salut. J't'ai dérangé, t'étais en train de te toucher ? Je peux t'aider ?
L'humour d'Elizabeth était particulier et faisait souvent grincer des dents les gens, mais elle accorda au garçon son plus grand sourire et s'assit à côté de lui.
-Ou alors tu faisais un truc plus intéressant ?
Elle désigna son bras.
-Tu ranges ta lame où ? Aaaaah, les cachettes secrètes pour les petits objets de toute utilité... Moi, je range ma photo dans mes vêtements. Doublure de slip, en fait.
Elle lui montra rapidement la Polaroïd et la fourra dans la poche de sa robe. Remonté sur sa tête, le masque de chien qui symbolisait Stephen brillait au soleil, sa nacre reflétant la lumière. Elle se détendit et s'allongea. L'envie de faire quelques blagues vaseuses et pas drôle la prit et elle se mit en quête d'une idée.
-Ahaaaaa, on est bien ici, non ? Enfin ça serait mieux si tu enlevais tes vêtements... Kuhu.
Elle jeta un regard désabusé à celui qu'elle identifiait vaguement comme Soren je-sais-plus-quoi, constatant qu'il était manifestement bien peu intéressé. Ou alors il cachait bien son jeu.
-Bon, trêve de plaisanterie, gros dur. Tu préfères me raconter pourquoi t'es ici ou que je déchire tes vêtements ? Vas-y, choisit tranquille, les deux programmes sont intéressants. Héhé.
Elle se rappela soudain que sa sacoche en bandoulière contenait notamment une canette de Coca. Elle sortit cette dernière, l'ouvrit, en but une gorgée et la désigna à son interlocuteur, signe qui signifiait dans toutes les langues : "T'en veux ?".
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Mer 21 Sep - 15:05

La jeune femme était un numéro même parmi les autres délinquants et détraqués qui peuplaient cet endroit. Il connaissait très bien les raisons qui avaient amenées Élizabeth Maundrell à être conduit dans ce centre de redressement juvénile. Il avait recueilli des témoignages, il avait écouté des surveillants, bref il savait de quoi il en retournait avec la jeune femme. Quelqu'un de normalement constitué aurait probablement éviter de lui parler, de la croiser ou même de s'intéresser à elle. Cependant, on ne pouvait guère affirmer que Soren était quelqu'un particulièrement normal dans son esprit. Il était fasciné par les gens, par chacun de leurs comportements les plus excentriques de tous ceux qui se présentaient sous son regard pénétrant. Sa double personnalité à elle était tout simplement l'une des choses les plus intéressantes qu'il ait jamais évaluer. Bref, quand elle débarqua sur le toit, il sourit avec amusement, la tête penchée sur le côté comme un gamin observant un nouveau jeu. Il attendait avec impatience qu'elle ouvre la bouche, qu'elle dise quelque chose qui le ferait utiliser son cerveau désormais concentré par la douleur. Elle ne le surprit pas avec une réflexion grivoise qu'elle avait imaginé sur l'instant. Elle vint s'asseoir près de lui et il tourna la tête pour mieux la voir, qui lui souriait radieusement.

-Je faisais plus intéressant. Je n'ai jamais vraiment saisi l'intérêt de « se toucher », comme tu dis.

Dit-il d'un ton tranquille. il disait la vérité sans l'embellir. Mentir sur ses activités avaient surtout été un comportement de son enfance. Il l'avait peu à peu abandonné avec l'âge. Quand elle désigna son bras, il ne put vraiment s'empêcher de le regarder. C'était vrai qu'un faible coulis de sang s'écoulait discrètement de son poignet et donnait un peu l'impression qu'il s'était blessé. Mais il savait que ce n'était pas vraiment une blessure. C'était un moyen, une méthode. Et il n'avait pas peur des méthodes, et n'en était pas gêné une seule seconde. Elle lui demanda où il cachait sa lame, visiblement très curieuse. Voulait-elle s'en procurer une? Il devait avouer que vu les antécédents de la jeune femme, une lame pourrait être utile si elle voulait continuer. Et il pouvait le voir dans ses yeux : Elle désirait ardemment continuer. Comme pour l'amadouer, elle lui expliqua sa cachette pour une photo Polaroid. Elle ne lui montra qu'un instant mais son cerveau la reconstitua sans mal et il put voir ce qui aurait pu semblé être une photo érotique. Cependant, ses référents concernant la jeune femme pouvait l'assurer que ce n'était pas du tout le cas. C'était la photo d'un crime. D'un crime cher à son cœur. Mais bon, c'était un crime pour la société, pour lui, ce n'était qu'un comportement.

-À quoi bon avoir un compartiment secret si on révèle si vite où il est?

Il leva son bras avec un sourire moqueur, sa manche se retroussant sur son bras, laissant apparaître les nombreuses cicatrices sur son avant-bras mais laissant un éclat de soleil toucher sa lame à l'intérieur de son gilet. Il remonta sa manche par la suite, toujours tout sourire. Le masque nacré semblait l'attirer un peu malgré lui. Il voulait savoir la raison de ce masque, tout ce qui se cachait derrière. Et les convenances sociales étaient perdus sur le sociopathe qu'il était. Complètement absorbé dans l'étude des possibilités de ce que le masque représentait, il laissa passer la demande d'enlever ses vêtements sans vraiment l'écouter. On lui avait dit que Elizabeth était bien jolie dans son genre, mais lui n'avait jamais vu l'intérêt de copuler avec n'importe quel fille ou garçon, donc ça ne changeait rien pour lui. En fait, on lui avait dit dans ces termes «  vraiment baisable »... Il avait donc noté intérieurement que les hommes qui pensaient avec leur entrejambe étaient tous destinés à une stupidité profonde. Quel idée d'avoir un cerveau qu'on pouvait atteindre d'un coup de pied? Il sourit à la demande sans coercition caché. Il releva la tête vers elle et lui dit ce qu'elle voulait savoir. Après tout, il n'avait rien à cacher.

-Je regarde les gens en bas du toit et au loin. C'est comme des fourmis qui s'efforcent de me plaire. Je trouve ça incroyablement futile mais terriblement gratifiant.

Il eut un petit rire moqueur avant de prendre la canette de Cola qu'elle lui tendait. Il en prit une gorgée, se gargarisa avec et la cracha par dessus le rebord du toit. Il eut un autre petit éclat de rire en entendant un jeune homme jurer en bas du mur. Il arbora soudain un air sérieux quand il déclara :

-Et toi, qu'est-ce que tu fais là? J'ai envie de savoir. De tout savoir
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Mer 21 Sep - 15:43

Flash-Back.:
 

Bethy le regarda. Longuement. Elle avait l'air d'être quelqu'un de vraiment intelligent plongé dans une grande réflexion, mais en fait ce n'était pas le cas : elle essayait juste de se rappeler plus de détails entendus au sujet de Soren Machin-chose. Un sociopathe, crut-elle se souvenir. Donc il n'y avait rien d'intéressant à en tirer.
-J'étais venue prendre l'air. Et je comptais entamer une discussion avec Stephen. Mais comme tu es là, il vaut mieux éviter, il n'aime pas du tout les garçons.
Elle lui adressa un large sourire.
-Ils ont beau dire que je suis tarés, ce sont eux les fous. Steve et moi, on est les seuls sains d'esprit, si je puis dire. C'est un peu comme mon frère. Ils m'envoient chez des psychiatres... Pour tuer Stephen ! Et ils croient que je vais "collaborer" ou "discuter gentiment". Ils me font pitié.
Elle but encore une longue gorgée de Coca et tripota le museau de son masque avant de se pencher au bord et de regarder ce qui se passait dans l'herbe. En bas, deux adolescents de Little Romance, assis sur un banc, flirtait. Parlant mi à elle-même, mi à son interlocuteur, elle les désigna.
-Décidément, cette pension est pitoyable. Regardez-moi ça. Et on se fait des bisous et des câlins... Mon dieu, si vous avez des choses à faire, trouver vous un placard décent et n'exposer pas vos pseudo-amour à tout le monde.
Elle fit mine de jeter la canette vers le couple, se ravisa, la vida puis la lança vers leurs têtes.
-Voilà ! Sale engeance.
Bethy se tourna vers Soren.
-Alors toi, t'es le sociopathe de service, genre le gros dur qu'a pas de sentiments et tout ? C'est la classe total, hé hé. Vas-y, raconte ce que t'as fait, on va s'amuser. T'as tué quelqu'un ? T'as tabassé quelqu'un ? J'espère que tu ne fais pas partie d'un de ces types qui tuent leurs profs et prennent leur classe en otage. J'en ai vu au moins trois depuis que je suis arrivée ici. Des imbéciles qui croient que Stephen King c'est la réalité.
Et de regarder Soren avec l'air d'un animal attendant un signe de sa proie pour la dévorer.
Mais qui est la proie, au final ?
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Jeu 22 Sep - 2:42

Stephen, c'était toujours le nom qui revenait. Voilà donc cette deuxième personnalité dont il avait entendu parler. C'était la cause des nombreuses visites de la jeune femme chez le psychiatre. À la même manière que pour lui, les gens de l'institut de correction croyaient qu'ils devaient « corriger » leurs « problèmes ». Pourtant, ce n'était pas une maladie. Il voyait plus clairement que tous les autres, il était plus brillant que tous les autres. Il n'y avait pas vraiment d'effets négatifs sur le plan corporel, il était même très en forme. Ces gens voulaient le guérir de son intelligence et c'est pour cette raison qu'il s'amusait avec eux, qu'ils étaient constamment bloqués dans leur « traitement » sans même se rendre compte que c'était lui qui les déviait vers l'endroit qu'il voulait. L'image et les souvenirs de ces événements lui tira un sourire amusé alors que la jeune femme continuait de monologuer à son côté. Il retourna son attention vers elle, laissant son subconscient le renseigner sur ce qu'elle avait dit avant qu'il ne l'écoute consciemment. Ils voulaient donc la débarrasser de Stephen... C'était démontrer clairement leur manque de vision. Cette double personnalité rendait Élizabeth beaucoup plus intéressante à observer et examiner. Il haussa les épaules, la laissant s'énerver toute seule. Il avait cru comprendre qu'elle n'avait guère besoin d'aide pour parler, considérant qu'elle avait l'air bavarde et qu'en plus, elle avait deux personnalités.

Ce qui était le plus amusant, c'est quand elle se mit à rager contre la pension. Elle trouvait ridicule les petits couples qui se formaient parmi les délinquants. Il ne trouvait pas ça ridicule, lui. C'était tout simplement très intéressant de voir comment des petits criminels et des grands criminels de la société pouvaient se désintéresser assez de leur emprisonnement pour s'occuper de petites affections. Il trouvait intéressant juste le concept d'amour, qui n'était que des secrétions d'hormones et de phéromones, quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti. Le voir lui permettait de comprendre légèrement. Il pouvait gager que son interlocutrice l'avait déjà ressentie, cette mixture étrange de phéromone. Elle l'avait peut-être exprimée de façon déformée à cause de la présence masculine et psychopathe dans son âme mais elle l'avait physiquement ressentie. Il préféra cependant ne pas se pencher sur les raisons de son dégoût, désirant se tenir éloigner de l'évaluation psychologique pour l'instant. Elle leur lança sa canette vide, et il sourit devant la futilité du geste avant qu'elle ne se retourne. Et c'est là qu'elle s'attaqua à son cas. Il pencha la tête sur le côté, écoutant attentivement tout ce qu'elle semblait avoir envie de dire. Elle semblait avoir une drôle d'idée de sa condition. Il la regarda d'un air perplexe, haussant un sourcil. Puis, il haussa les épaules. Autant lui dire, de toute façon, il n'avait rien à se reprocher.
-Incorrect! Je n'ai pas tué personne. Et je n'ai pas « tabassé » personne. J'ai simplement fait une expérience et mon cobaye ne s'en est pas sorti. Mais ce n'était pas de ma faute, c'était son énoncé primaire qui clochait. Ça hurlait dans ma classe, je n'ai pas trop saisi. Après, il y a eu quelques adultes qui se sont jetés sur moi et les policiers sont arrivés. Moi, j'étais tranquille, mais tout le monde était paniqué. Je me demande si mon psychiatre a été renvoyé... Ils ont dû le trouver inepte, à acheter des faux meubles de collection et ne pas être capable de m'empêcher de faire ce que je voulais...

Son discours décousu démontrait bien qu'il était dans un moment où il se considérait comme plus inférieur à d'habitude. C'était sa technique pour survivre à l'ennui de trop prédire ce qui se passait autour de lui. La douleur ralentissait son rythme cérébral, détournant plusieurs de ses neurones vers la recherche d'une façon de réduire cette douleur. Mais sans la moindre gêne, il fixa son regard dans celui de la jeune femme. Elle le regardait comme s'il était sa proie, comme si elle n'attendait qu'un moment pour le manger tout crue. Son regard à lui, cependant, ne transmettait rien d'autre qu'un ennui profond. Pas la moindre trace de peur, de nervosité ou de surestimation de soi. C'était un peu comme si une hyène entrait dans un combat de regard avec un lion paresseux. Le lion ne se sentirait jamais menacé même si la hyène était bien agressive. Il sourit avec amusement et parla avec plus d'intonations
-Déçu? Ah! Pas besoin de me dire ce que tu as fait, je le sais déjà! Fé-li-ci-ta-tions!
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Jeu 22 Sep - 16:52

Bethy grogna.
-Déjà au courant ? Bah. Bons à rien sauf à colporter des rumeurs, ces ignares d'ici. Juste des petits délinquants de merde sans idée de la beauté. Je les déteste.
Elle jeta un long regard éloquant à Soren.
-Toi pas moins que les autres. Tout comme moi, d'ailleurs. Tous enfermés dans notre petite réalité de merde à s'observer les uns les autres en essayant de repérer chez autrui le fin fond du mécanisme de fonctionnement. Ridicule. Et personne ne fait confiance à personne.
Elle ôta son masque et le regarda longuement, avant de s'allonger par terre, dans une position obscène et grotesque. Elle leva le masque au dessus de ses yeux et le fixa, le regard morne.
-Hé.
Elle mit le masque sur son visage, plaça l'élastique, et regarda Soren.
-Tu m'énerves. C'est quoi, ton espèce de regard blasé, du style du mec qu'a déjà tout-vu-tout-vécu et qui se croit supérieur aux autres ? Tu te prends pour un dur, pauvre con ?
Elle se sentait rageuse sans trop savoir pourquoi, puis elle comprit que c'était Stephen qui rageait. Stephen, tu déteste vraiment les hommes. Les autres hommes. Elle s'assit à nouveau et regarda Soren.
-Tu me fous en colère. Arrête de faire comme si tu étais quelqu'un d'intelligent ou comme si c'était toi qui avais raison. Tu veux qu'on se batte ? Imbécile.
Bien sûr que je les déteste, ces connards qui tente de t'enlever à moi. Stephen secoua la tête et sourit, un sourire qui ne se voyait pas sous son masque. L'envie de frapper l'autre le prit et elle se dit que, si l'envie le prenait, il pourrait lui balancer son poing dans la tête. Il se leva. Son corps était léger, frêle. Elle n'avait pas suivi ses recommandations et s'était abîmée - elles les avaient abîmés. Il chercha dans la sacoche mais rien ne s'y trouvait, rien d'intéressant. Il y avait une lame dans la doublure de la poche. Il la sortit et, pour s'amuser, la montra à l'autre con, pour lui montrer que s'il était en état de se battre il le trancherait en petit morceaux.
Quelque chose se mit à pleurer.
Ta gueule, sale mioche, ta gueule. Ferme ta gueule bon sang ! Oh, pourquoi il y a une gamine ici ? T'vas voir ta tête, sale gamine.
Il compta les pas qui le séparait de la porte. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six enjambées. Il compta les pas qui le séparait de l'autre type. Un. Deux. Trois. Quatre enjambées. C'est parti pour le connard. Il s'approcha et le regarda, mais encore une fois on ne savait pas ce qu'il pensait, à cause du masque, toujours.
-Alors, on fait la mauviette ? Je parie que je te frappe plus fort que tu ne l'imagines. Allez, poule mouillée, viens voir. J'vais te montrer un joli spectacle, mon point dans ta face de rat.
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Sam 24 Sep - 15:17

Il pouvait voir que quelque chose n'allait pas. Malgré le fait que son attention devrait être sur les paroles que la jeune femme prononçait, il ne pouvait pas vraiment s'empêcher de chercher à deviner ce qu'elle comptait faire. Et la meilleure façon de s'y prendre, c'était d'observer les signes physiques. Elle n'arrivait pas à détacher son regard de son petit masque de porcelaine blanchâtre. Il n'avait aucune idée de ce que celui-ci signifiait et il ne savait pas si c'était une mode chez les jeunes filles que de porter un drôle de masque, mais il pouvait voir quand quelqu'un était dérangé. Elle était distraite par quelque chose qu'il ne pouvait pas voir, ni entendre. Ça ne prit guère de temps pour que les neurones développés du sociopathe lui soufflent que c'était probablement sa double...sa multiple personnalité qui faisait des siennes. Quand elle se coucha négligemment sur le dos, il tourna la tête pour continuer de la regarder. Il ne pouvait pas s'empêcher de la surveiller, de l'observer. Chez un autre jeune adulte, on aurait sans doute pu assumer que c'était une infatuation et que la jeune femme lui plaisait. Mais, Soren n'était pas un autre jeune adulte ordinaire. Vous avez déjà vu un enfant regarder un jouet, qu'il n'avait jamais vu auparavant? L'étincelle dans son regard vous dit qu'il aime le jeu, qu'il le désire ardemment, mais ce n'est pas tout à fait le cas. Ce que le gamin affectionne, c'est d'avoir quelque chose de nouveau à décortiquer. Et c'est quelque de très similaire qui se passait dans la tête du jeune suédois, cependant la différence était qu'il n'avait pas quatre ans mais bien dix-neuf et que son esprit ne fonctionnait vraiment pas d'une façon similaire à celle de tous les enfants et adultes de ce monde. Il avait envie de décortiquer mentalement la jeune femme et son double et leur refus de jouer dans son jeu ne faisait que le rendre plus intéressé. C'est à ce moment qu'elle mit son masque sur son visage et se mit à commencer son assaut. Rempli d'anticipation, il se lécha les lèvres rapidement, la regardant avec intérêt.

-Je n'ai jamais vu quelqu'un comme toi. Je n'ai pas honte de le dire. Continue, c'est intéressant!

C'était très honnête comme réponse. Il ne mentait pas du tout et ne cherchait pas du tout à faire du sarcasme. Il avait vraiment envie de voir jusque où ils iraient tous les deux, elle et Stephen. Peut-être qu'elle ou il allait l'attaquer? Le toit était un de ses endroits clichés pour se battre, d'après un de ses compagnons de classe au secondaire. Il n'avait pas eu cet aveu de lui-même, il avait fallu demander. Il se rappelait encore du surnom qu'on lui avait donné : Barjo. Il n'avait jamais compris la teneur péjorative du terme. Mais, il l'avait accepté sans chercher à comprendre. Il s'était également lassé très vite des gens normaux, qui était d'une futilité et d'une consistance tellement ennuyante. C'est après qu'il l'eut encouragé que son vocabulaire changea, ainsi que sa façon de parler. Elle ou il continua de s'acharner sur lui, le sommant de faire comme s'il était intelligent et comme s'il avait raison. Sans pouvoir s'en empêcher, le jeune homme la corrigea à nouveau

-Incorrect! Je suis intelligent et j'ai souvent raison. Pas besoin de faire semblant.

Il n'y avait aucune vantardise dans ces mots. Ce n'était en fait que la démonstration de combien Soren n'était pas adapté à une vie sociale normale. Les gens aimaient mentir et être hypocrite. On leur apprenait le contraire et ils faisaient tous semblant d'y croire mais Soren l'appliquait sans vraiment croire que c'était une chose que personne ne faisait. Ça devait être un des rares gamins qui ne mentaient jamais. C'est alors qu'il vit le couteau qu'elle sortait. Son sourire s'élargit jusqu'à ce qu'il est l'air presque effrayant avec sa tête de maniaque. Il ne faisait qu'espérer voir un comportement complètement différent de ce qu'il venait d'expérimenter. Il pourrait expérimenter les ravages d'une deuxième personnalité. Dans son esprit, il n'y avait pas de peur du couteau, l'un des avantages de sa maladie. Il n'avait jamais peur de subir des blessures sur lui-même. Même si le couteau s'attaquait à lui, il mettrait probablement sa main devant pour le bloquer, même si ça signifiait se la faire transpercer. Quand elle le menaça une dernière fois, il haussa les épaules. Il l'avait vu regarder vers la porte. Elle avait chercher à savoir si c'était plus loin que lui. Cette hostilité déclaré, ce changement drastique de vocabulaire et de ton, tout concordait.

-Je suis impatient de voir ce que tu es capable de faire, Stephen.

Il avança d'un pas, penchant la tête sur le côté pour le regarder avec intérêt. C'était comme s'il ne faisait que la provoquer pour qu'elle l'attaque.
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Sam 24 Sep - 15:43

Elizabeth fronça intérieurement des sourcils. Intérieurement, seulement, parce que Stephen les fronçait déjà extérieurement, de colère, et qu'on ne peut pas froncer ses sourcils deux fois. Elle ne les avait pas nourris depuis bientôt trois jours. Ils n'étaient pas en état de combattre, mais Stephen ne semblait pas y faire attention. Elle tenta de lever la main. Stephen s'y opposa fermement.
-Qu'est-ce que tu fais, imbécile ? Je vais lui péter la gueule pour avoir osé s'approcher de toi. Personne ne peut nous séparer, personne, t'entends ? Je vais lui péter la gueule, je te jure, je vais l'exploser.
Elle jura.
-Ta gueule, Stephen, ta gueule ! Tu vois rien ou quoi ? On peut pas, pas maintenant, c'est pas le moment, on a la dalle. Casse-toi, tu m'emmerdes. Si tu nous fous dans la merde dès maintenant, je te le pardonnerais jamais.
Elle leva la main. Stephen, déconcentré, n'opposa aucune résistance et elle s'empara de son cou.
-Lâche cette lame ou je t'étrangle, espèce de connard.
Elle serra. Longuement. Stephen ne répondait plus. Elle sentit qu'elle avait du mal à respirer. C'était comme si, en étranglant Steve, elle s'étranglait elle-même. Étrange.
-Lâche cette...
Elle ne put pas continuer et tomba à genoux sur le sol. Stephen, tu me fais mal. Qu'est-ce que tu racontes, imbécile ? C'est toi qui fait ça ! Mais non, moi j'ai arrêté... Ta gueule ! Personne ne peut nous séparer, espèce de connasse, personne ! Elle tenta de reprendre sa respiration mais elle ne pouvait plus. Il faisait froid, d'un seul coup, et elle ne savait pas comment enlever la main. Bordel. Ca faisait très mal. Elle avait envie de vomir.
-Steph... Stephen...
Personne ne peut nous séparer. Personne. Elle tenta de lever son autre main mais elle tomba sur le sol. Ses poumons la torturaient. Elle avait l'impression qu'un petit animal s'y trouvait et se débattait de ses griffes et de ses dents pour sortir de sa cage. Sa cage... Thoracique ? Steve, je t'en prie, lâche-moi, on va crever ensemble.
Personne ne peut nous séparer. Personne.
Elle sombra.
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Sam 24 Sep - 18:44

S'il y avait une chose qu'il n'avait pas imaginer, c'est bien ce qui venait de se passer. Il ne pouvait pas vraiment concevoir que quelqu'un soit en désaccord avec une personnalité que son esprit avait créé. En tout cas, pas assez en désaccord pour s'attaquer à sa propre vie et à la sienne par la même occasion. Il écoutait la discussion et voyait les mouvements saccadés de la jeune femme, qui avait l'air de se battre intérieurement avec son double émotif. Il pouvait entendre verbalement leur désaccord. C'était quelque chose de complètement paradoxal! Elle se réprimandait et se répondait elle-même, sans se soucier un seul instant du fait qu'il était là. C'était quand même parfait en quelque sorte. Pendant qu'ils se chicanaient mutuellement, il pouvait créer un profil d'eux dans sa tête. Par exemple, Stephen, lui, était très protecteur d'Élizabeth. Il semblait avoir l'idée qu'il devait la défendre contre les hommes. Mais vu son discours, c'était la manière que le subconscient de Bethy avait trouvé pour justifier son existence. Il cherchait à empêcher les hommes de les séparer pour se protéger lui-même de la destruction. Quand à la personnalité de Bethy, elle était normalement très enclin à suivre la direction que Stephen lui suggérait, mais c'était aussi elle qui se souciait de leur existence corporelle. Peut-être que le bien-être corporel, c'était le travail de Stephen, mais c'est Élizabeth qui veillait à la survie de leur existence. Il pouvait deviner cela en voyant leur interaction.

C'est à ce moment qu'elle se mit à s'étrangler elle-même. Il fut totalement perplexe par la situation. S'approchant, il s'accroupit pour voir son visage de plus près. Elle avait vraiment l'air de souffrir et pourtant, elle n'arrêtait pas. On ne pouvait pas mourir en s'étranglant soi-même, n'est-ce pas? Et pourtant, elle semblait être capable de le faire et elle y arriverait si elle continuait sur sa lancée. Le regard sérieux qu'il lui jetait n'en n'était pas un plein pitié ni de compassion mais plus un de curiosité. Il s'attendait vraiment à voir si elle réussirait à se tuer de cette manière. Cependant, la transe cessa lorsqu'elle perdit lentement conscience. Il se releva, légèrement déçu. Il posa son pied sur la main qui s'accrochait au cou de la jeune femme et la tassa négligemment.

-C'est ennuyeux...Mais bon, j'imagine que c'est tant mieux. Ça aurait été dommage de perdre un sujet de test aussi vite.

Il alla s'adosser au mur à côté de la porte, la laissant allongé sur le sol. Il n'avait pas vraiment l'intention de la bouger de là, n'y voyant pas vraiment l'intérêt. Mais il ne pouvait pas vraiment la laisser là, sans personne. Si quelqu'un passait et qu'il voyait la jeune femme ainsi vulnérable, peu de gens passeraient un chance de « s'amuser » avec elle. La perspective d'avoir à surveiller la jeune femme pendant qu'elle était inconsciente ne faisait aucun sens dans son esprit mais, de nouveau, il se rappela avoir lu que ce genre de comportements était récompensé. Peut-être accepterait-elle de le laisser étudier son état. C'était si amusant. Il eut un sourire amusé et attendit qu'elle se réveille, fixant les nuages. Contrairement aux fourmis sur le sol, les nuages dans le ciel restaient muets pour ses oreilles et incompréhensible pour ses yeux...

-Pourquoi bougez-vous ainsi...
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Lun 26 Sep - 18:52

Flash-Back.:
 

Bethy releva la tête. Son masque était mal placé et lui couvrait les yeux. Elle le retira. Elle était allongée sur le ventre, et elle avait très chaud. Elle se redressa et enleva son kimono. Elle portait un short court et une sorte de brassière blanche. Récupérant le masque posé sur le sol, elle regarda autour d'elle et vit le même garçon qu'avant.
-Ah, merde, déclara-t-elle froidement en constatant qu'elle était en soutien-gorge devant lui.
Elle réfléchit. Il l'avait surveillée alors qu'elle était inconsciente. C'était ce que la société considérait comme bien. Elle était censée le remercier.
-Merci d'être resté. Désolée pour Stephen, c'est un connard.
Elle ramassa son kimono et le plia sur son bras, avant de se rasseoir.
-Et désolée pour cette scène pitoyable. Stephen est vraiment chiant, des fois je suis obligée de lui faire mal pour pas qu'il fasse l'imbécile. Mais de toute façon, tant que j'mange pas, il peut pas frapper les gens.
Elle se sentait vide. Elle comprit qu'elle avait faim. Très faim. Elle était obligée de manger quelque chose avant de faire un malaise - celui qu'elle venait de faire l'avait suffisamment affaiblie.
Elle fouilla une énième fois dans son sac, mais il n'y avait toujours pas de quoi manger. Elle regarda longuement Soren.
-Hey, j'peux t'avaler ?
Le jeu de mot était vraiment faible et de mauvais goût - aha - et elle abandonna. Finalement, elle se leva et le regarda.
-Ca te dirait de trouver un truc pas trop pitoyable à manger ? J'ai trop pas envie de bouffer toute seule, comme une paumée.
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MessageSujet: Re: Les yeux sur les fourmis [PV: Betty?]   Mar 27 Sep - 21:08

Son regard toujours perdu dans les nuages, Soren était adossé confortablement contre la petite part de mur qui restait sur le toit. Il avait quasiment oublié qu'il était encore sur le toit parce que la jeune femme était inconsciente et qu'il n'avait aucune envie de se fatiguer pour l'amener à l'infirmerie. Il soupira lorsqu'un nuage bougea et laissa apparaître la lumière du soleil, le forçant à baisser le regard. Son regard se refixa donc sur la jeune femme qui se mit à bouger un peu, signe qu'elle se réveillait. Il continua de la regarder, vérifiant qu'elle n'était pas mal à cause de son coup d'éclat de tout à l'heure. Après tout, des jouets cassés, c'était des jouets inintéressants. Elle se releva, perdant rapidement son masque qui semblait la déranger. Cependant, elle enleva soudainement son kimono, dévoilant son corps couvert par seulement quelques petits morceaux de tissus. Elle était clairement mal nourrie. Elle n'était pas ce qu'on pouvait qualifier de « beauté fatale » selon les critères qu'il avait déjà lu et entendu de garçon et de filles. La nudité le laissait indifférent, n'ayant jamais compris l'excitation des adolescents de son âge face à la peau nue. Il comprenait le mécanisme de reproduction du coït mais n'en avait jamais vu l'utilité.

C'est alors qu'elle vint le remercier d'avoir veillé sur elle et s'excuser du comportement de Stephen. Il ne voyait pas pourquoi elle s'excusait, il avait lui-même provoqué le double personnel de la jeune femme pour voir de quoi il était capable. Il était un peu resté pour ça. Il était intéressé par la capacité d'Élizabeth à contrôler Stephen. Elle replia son kimono et ne le remit pas, restant en short court et en brassière. Pas que ça l'indisposait ou lui faisait plaisir mais on lui avait toujours dit qu'il fallait s'habiller en public. Peut-être qu'il ne comptait pas comme un public? Qui sait...Il pouvait entendre qu'elle avait faim et le fait qu'on voit ses côtes donnait l'impression qu'elle avait souvent très faim. On appelait ça de l'anorexie, s'il se rappelait bien. Elle fouillait dans son sac, à la recherche de quelque chose, de la nourriture sans doute. Pendant ce temps, il se releva, la dominant de sa haute taille avant de l'entendre faire une drôle de phrase. Est-ce qu'elle pouvait l'avaler? La réponse franchit ses lèvres sans qu'il ne puisse l'arrêter.

-Incorrect! Pour m'avaler, il faudrait me manger entièrement et je suis trop grand pour ta bouche. Tu pourrais m'avaler bout par bout, après m'avoir mastiqué mais je ne suis pas partant pour une expérience qui causerait vraisemblablement ma mort.

L'innocence du jeune homme était le résultat de son problème de sociopathie. Il n'arrivait pas à comprendre les allusions sexuelles, car pour lui, qui était complètement vierge de toute corruption de ce genre, le ton laissait entendre à une blague mais il ne comprenait pas le sous-entendu de la phrase. Ce qui donnait à sa réponse, un caractère comique malgré lui. Elle lui demanda ensuite s'il voulait aller chercher de la nourriture avec elle. Elle semblait impliquée qu'il mangerait avec elle. Il n'avait pas eu le temps de beaucoup l'observer donc, il hocha la tête négligemment avant de déclarer :

-Pas de problème. De toute façon, j'ai faim moi aussi. Tu ne devrais pas t'habiller avant de descendre?


Les rumeurs iraient de bon train s'il descendait du toit avec Betty en soutien-gorge et en short court. Ce n'était pas ce qu'il pensait lui, mais comme de fait, il s'arrangeait pour que sa vie tranquille ne soit pas contrariée.
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