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 Cody ~ Coleen | Non, Cody | FINI

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MessageSujet: Cody ~ Coleen | Non, Cody | FINI   Lun 24 Oct - 20:59

CodyDelusion


    i. fiche d'identité
    • Nom et prénom : Delusion, Cody ~ Coleen. Non, Cody.
    • Surnom : /
    • Date de naissance : 24 juin ~ A actuellement 16 ans
    • Origine : Anglais
    • Orientation sexuelle : No data
    • Manie, habitude : Taper le pommeau de sa canne du bout des doigts. Frapper le sol de sa canne. Rester silencieux. Se prendre pour un garçon.

    ii. casier judiciaire
    • Numéro de chambre : Il veut être seul. C'est une nécessité. Être en chambre double serait un désastre. Mais après tout, le hasard fait et défait, n'est-ce pas.
    • Date d'arrivée : Il n'y a qu'un mois.
    • Cause : Je n'ai rien à vous dire.
    ~ Violence aggravée
    ~ Tentative de meurtre sans préméditation
    ~ Vol
    • Avis sur l'endroit : Il ne l'aime pas. Du fond de son cœur, du plus profond de ses tripes, il méprise les pensionnaires de cet établissement. Les adultes qui lui sont inférieurs, qui ne doivent pas deviner son secret. Ceux qui lui ont attribué une chambre, de façon si aléatoire. Vivre en communauté lui fait terriblement peur.

    iii. biographie
    C’était un père parfait. Pour la petite Coleen, cinq ans, son père était tout ce qu’il y avait de mieux au monde : grand, fort, superbe, vêtu de costumes, fortuné, intègre ; son père n’était rien de moins que Jupiter, grand dieu de la foudre, son père était tout ce qu’elle vénérait et tout ce qui lui était cher. Il avait un travail très important, une maison immense où elle passait ses journées à jouer lorsqu’il n’y avait pas école. Sa vie était une longue suite de jours heureux. Elle se sentait spéciale, tout particulièrement choyée. Elle savait par ses petits voisins que les pères des autres enfants étaient moins biens que le sien – ils buvaient, ils frappaient, ils grognaient, ils regardaient la télévision. Son père à elle ne regardait pas la télévision. Même les jours d’école étaient spéciaux pour elle : son père avait été jusqu’à engager un professeur à domicile, un monsieur sévère et très intelligent qui la faisait travailler durement. Son grand plaisir était la mythologie, une mythologie où Jupiter n’aurait pas été volage, ni mauvais père. Monsieur Delusion était un père parfait. Il rentrait tous les soirs à la maison, une maison très grande, magnifique, faite de boiseries et de tableaux, il rentrait tard bien sûr, mais c’était à cause de son métier, il faisait de son mieux. Et même parfois il venait lui-même assister aux leçons, il la félicitait pour ses progrès. Il ne parlait jamais de maman bien sûr, maman était partie, elle était alcoolique, papa lui en voulait beaucoup. Elle avait fait rater tellement de choses. Parfois il disait à Coleen qu’elle ne devait pas devenir comme sa maman. Ça lui faisait plaisir, parce que ça prouvait qu’il avait confiance en elle, qu’il lui confiait une responsabilité, ne pas tout gâcher. Coleen promettait.

    C’était un jour néfaste, avait dit son professeur. Il lui avait fait étudier ce calendrier par lequel tout se décidait à Rome, et elle l’avait appris sans aucune difficulté. Son père devait être fier d’elle – elle lisait couramment, parlait avec une aisance déconcertante pour son âge. Sa politesse, la fermeté de ses ordres, tout cela déconcertait son entourage, à commencer par son professeur lui-même. Coleen avait sept ans, et semblait mettre un point d’honneur à impressionner tous ceux qui s’adressaient à elle. Sa frimousse fière, son petit nez orgueilleusement relevé, sa bouche obstinément close comme pour rappeler à tout un chacun qu’elle n’avait pas l’intention de se laisser amadouer par n’importe qui, cette enfant à l’intelligence si précoce demeurait sagement assise sur sa chaise, les paumes à plats sur les genoux, la tête légèrement inclinée, les yeux baissés sans regret tandis que son père, derrière elle, des ciseaux à la main, modifiait le cours de sa vie. Il maniait les deux lames avec un calme parfait, attentif à sa tâche, regardait parfois son œuvre dans le miroir, coupait les cheveux de sa fille.
    Le professeur, debout près de la fillette, regardait ailleurs. Il s’était vu offrir une somme extraordinaire pour quitter son poste, pour abandonner l’éducation de Coleen et oublier son existence. Parce que Coleen n’existe pas, lui avait dit Monsieur Delusion. Je n’ai qu’un fils, et il s’appelle Cody.

    C’était risible, ridicule, un délire issu d’un esprit malade. C’aurait dû l’être, le rester – si seulement Cody n’avait pas tant admiré son père. Il aurait suffi de prévenir le médecin de la famille, n’importe qui ; le professeur était parti avec l’argent en se disant que Cody aurait dû se rebeller. Être ainsi victime des lubies d’un homme profondément paranoïaque, de ses raisonnements erronés par sa santé mentale… Peut-être pourrait-il emmener sa femme dans les îles, comme ils en avaient toujours rêvé.
    Cody s’appelait Cody. Il n’était pas bien difficile d’oublier qu’il avait été elle, qu’elle avait été Coleen. Ce qu’il n’y avait pas entre ses jambes n’était pas encore un problème, lui avait dit son père, mais pouvait le devenir. Il lui fallait simplement éviter que les autres ne se trompent à son sujet, ne découvrent ce qu’elle n’était pas. Cody n’était encore qu’un enfant, mais il lui fallait faire très attention. Ne jamais parler de Coleen. Ne jamais parler au féminin. Ne jamais avoir les cheveux plus longs que la nuque. Ne jamais s’endormir dans la même pièce que quelqu’un. Ne jamais mettre des vêtements de fille. Ne jamais risquer d’être arrosé. Ne jamais tomber malade. Ne jamais se laisser examiner par un médecin. Ne jamais parler d’une voix trop claire. Ne jamais pleurer. Ne jamais le dire à quiconque. Être un garçon.

    C’était douloureux. Cody avait treize ans à présent, et la vieille gouvernante de la maison avait sans aucun doute fait le bon choix en se dévouant, sur les ordres de Monsieur, à ce petit garçon. Pour ses dix ans, elle avait été en quelque sorte son cadeau d’anniversaire : une domestique personnelle. Bien sûr, elle avait juré, une nouvelle fois, le secret – ne jamais mentionner, ne jamais révéler, ce que Cody n’était pas. Et ce matin-là, elle avait joué son rôle à merveille, en courant prévenir Monsieur que Monsieur Cody saignait entre ses jambes. Ce devait être douloureux. Monsieur, bien sûr, était venu. La gouvernante connaissait cette douleur, qui coupe le ventre, qui vide les jambes, qui fait tomber à terre.
    Cody était tombé à terre, sous les coups de Monsieur. Il regrettait. Il n’avait pas compris vraiment ce qui se passait, pourquoi Mara était partie en courant, pourquoi elle était revenue avec son père, pourquoi il avait été si en colère. Pourquoi il l’accusait de l’avoir trahi, pourquoi il frappait son ventre et encore. Cody vomit. Un coup de pied l’en punit, le sol était sale à présent, il n’aurait pas dû faire ça. Derrière eux, des pas, confusément, la présence de Mara qui passait, qui prenait les draps tâchés du sang de son ventre pour aller les jeter. Mal. Il frappait son ventre sans discontinuer, avec ses pieds, avec ses poings parfois, il le prit par le col, le fit se relever, Cody vomit encore, sur lui. Un hurlement de rage, une gifle. Cody était insolent, Cody l’avait déçu, Cody faisait vraiment tout comme sa mère, une traînée, elle avait tout gâché, Cody avait désobéi. Son ventre était marbré de rouge et de jaune quand il s’évanouit.

    C’était un soir d’hiver. Il devait être vingt heures ; Cody battit des cils, comme au sortir d’un rêve, laissant ses yeux au bleu hésitant se diriger vers la fenêtre. Une soudaine, étrange, vive, furieuse envie de sortir. Que faire pourtant ? Il n’était même pas habillé. C’était un de ces jours où il ne désirait rien d’autre que de s’enfermer, de ne plus jamais se montrer au monde, une humeur qui fondait régulièrement sur lui, presque tous les mois. A défaut du sang qui n’avait plus jamais coulé entre ses cuisses, de son ventre trop blanc, trop plat, qui avait comme oublié les marques des coups, lui demeurait comme une envie de vomir. A la fenêtre, son regard s’accrocha à son reflet, passa au travers de lui. A l’instar de beaucoup de choses, Cody considérait les miroirs comme des objets de superficialité. Il connaissait ses fins cheveux noirs, jamais coupés plus bas que sa nuque, toujours coiffés à merveille, la raie légèrement sur le côté ; il savait qu’ils étaient parfaits. Son visage en revanche il ne l’aimait pas. Sa peau glabre, d’une pâleur de demoiselle, dénotait bien trop une délicate féminité, alors qu’il avait passé sa vie à bander sa poitrine, à cacher ces immondices qui déformaient affreusement son torse, à dissimuler sous de perpétuelles manches longues ses bras d’une finesse trop gracieuse. Il était fier pourtant de la façon dont il avait dompté son corps – celui-ci lui obéissait, à lui seul. Son habileté, la rapidité de son jeu de jambes, et, plus encore, la précision extraordinaire de ses gestes, faisaient de lui un escrimeur hors pair. Il s’était exercé longuement pour obtenir un tel résultat, et malgré tout, son corps restait mince, comme frêle, raide pourtant et tendu toujours. Il ne se tolérait pas le moindre écart, la moindre faiblesse, pas plus qu’il ne le tolérait chez les autres. Il avait développé une étonnante sincérité, une brutalité dans les mots, toujours prononcés pourtant avec une politesse qui ne variait jamais. La seule déclinaison en était la nuance : elle se faisait d’une froidure terrible, ou d’une douceur étonnante, selon le sens de ses paroles – sa voix ainsi, seule, témoignait de ses pensées au sortir de sa bouche, trop pâle, qui contrastait à peine avec sa peau, d’une ligne toujours égale. Son nez droit lui donnait un profil noble, légèrement androgyne, qui faisait son bonheur – son front était haut, marqué seulement par la plus parfaite pureté. Et, sous son regard qui ne faiblissait jamais, ce regard bleu qu’il plantait dans celui des autres avec une telle fermeté, ses pommettes fines ne se troublaient pas plus que l’eau gelée d’un lac souterrain. Avec sa voix au ton grave légèrement forcé, Cody faisait un garçon convainquant. C’était suffisant pour ce soir – il prit la canne de bois sculpté qu’il ne quittait jamais, et sortit de sa chambre.

    C’était un mensonge habituel. Tout son être avait intégré l’identité masculine, comme une vérité irrémédiable, non négociable. Sa démarche même s’était moulée sur celle de son père, décidée, appuyée par la canne au bout de métal qui frappait le sol sans une hésitation. Un mensonge habituel, une vérité qu’il hurlait vérité. Sa paranoïa était celle-ci : que personne ne sache.
    L’homme était ivre quand il l’avait abordé. Il sentait l’alcool à plein nez, avait posé la main sur l’épaule de l’adolescent – celui-ci s’était dégagé avec une brusquerie instinctive, avait glissé sa main dans sa veste, pour lui tendre un billet. L’autre avait, rit, avait soufflé son haleine brûlante dans son cou, avait posé la main sur lui.
    « Allez, la mignonne, fais pas ta bourgeoise. »
    Il avait accéléré le pas, sa poitrine enserrée par les bandages se soulevait trop vite, la peur s’insinuait en lui par chacun des pores de sa peau. Il l’avait pris par le bras –
    « Je suis un garçon ! Vous vous trompez ! »
    – l’avait plaqué au mur. Son rire.
    « Ah, on va voir ça… »
    Sa main qui ouvrait sa veste, qui retroussait sa chemise, qui s’engouffrait sous le tissu, sur son ventre, qui touchait le bandage, qui – terreur. Cody frappa. Sa canne heurta le bras de l’homme, puis son ventre, puis son épaule, puis son ventre, de nouveau, plus bas, ses genoux, il tombait à genoux, son dos, son dos, son dos, ses genoux, sa tête, son dos, son cou, sa tête. L’homme ne bougeait plus. Il courut.

    Ce n'était pas un sans-abri, il ne faisait pas la manche. C'était une relation professionnelle de Monsieur Delusion, qui n'avait pas reconnu en cette mince silhouette le fils de son collègue. Le lendemain, des policiers étaient venus. L'homme n'était pas mort, mais il souffrait de nombreuses lésions et risquait de ne plus jamais remarcher. Il y eut un accord. La famille Delusion ne pouvait souffrir un scandale ; le fils modèle fut envoyé à Little Romance.

    v. derrière le personnage
    Votre nom ou pseudo : Lyn
    Age : Dix-neuf ans
    De quelle façon avez-vous découvert le forum ? Sedna m'a filé le lien parce qu'il pensait s'y inscrire, et au final, je me suis inscrite aussi TT
    Des suggestions pour l'améliorer ? Apparemment aucune !
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